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Transport Brésil – Où en est-on du projet de TGV Rio – São Paulo ?

25 novembre 2010

Projet nécessaire ou projet mégalo ? Le projet emblématique du Programme d’accélération de la croissance (PAC) voulu par le Président Lula avance lentement mais sûrement. Il semble pourtant faire plus de mécontents que d’enthousiastes, pourquoi ?

Le projet de tracé de la ligne TGV Rio-São Paulo (Réalisation : A.S-T)

Le projet
Relier Rio de Janeiro et São Paulo distantes de 511km par TGV en 1h33 et pour 199R$ l’aller, un rêve… qui pourrait devenir réalité. Le pont aérien entre les deux villes sature, l’aéroport de Santos Dumont (centre de Rio) est à capacité maximale et devra sûrement diminuer la voilure car son couloir aérien au-dessus de Rio est déjà surexploité. Le temps pour atteindre les aéroports, embarquer et atterrir, loin des centres-ville rend le projet de TGV très intéressant, sans compter les 6h nécessaires en bus. Il est également grand temps que les deux plus grandes villes du Brésil rentrent dans une politique de développement durable. On ne reviendra pas sur l’impact nocif des avions sur la pollution atmosphérique. À Rio, la gare TGV se situerait à la place de la vieille gare de Léopoldina, à l’ouest du Centro, emplacement idéal pour la construction d’une gare moderne. Le prix du billet sera le même au départ du centre de Rio ou de la gare TGV Aéroport Galeão en direction de São Paulo. La liaison Leopoldina-Galeão devra comporter des sections en tunnel ainsi que la sortie de Galeão à travers la Zona Norte. Le tracé est très intelligent car il relie à la fois les aéroports et les centres-ville ce qui en fait un projet de transport intégré optimal.

Les travaux devraient commencer à la fin du 1er semestre 2012. La concession au constructeur de la ligne sera de 40 ans. Tous les pays qui possèdent actuellement un TGV tentent de participer à l’appel d’offre : France, Espagne, Allemagne, Canada, Corée du Sud, Chine, Japon et même le Brésil tente de s’associer à un de ces pays. Son coût est estimé à 33,1 milliards R$ (15 milliards €), dont 20 prêtés par la BNDES (banque publique brésilienne d’investissement) et 3,4 par l’Etat de Rio. En plus de ces financements un PPP (partenariat public privé) sera mis en place. L’objectif d’ouverture totale de la ligne est décembre 2017. Lula a lancé le défi au vainqueur de l’appel d’offre de construire la ligne pour les JO 2016. Un premier tronçon pourrait être inauguré pour les JO. 25% des trains au moins devront être fabriqués au Brésil. Les infrastructures doivent être construites à 100% au Brésil.

Le débat
Le projet est loin de faire l’unanimité aujourd’hui au sein des institutions publiques et parmi les brésiliens. Le TGV coûterait trop cher et son prix serait sous-estimé, certains prévoient qu’il coûtera le double ou le triple du prix annoncé aujourd’hui. Comme la géographie qui sépare les deux villes est montagneuse, le tracé serait pour près de la moitié un tunnel. À l’intérieur de la Mairie de Rio, aucun projet d’urbanisme actuel ne prend en compte l’arrivée du TGV à moyen terme, alors que l’arrivée du TGV dans une ville provoque toujours de grandes transformations et de nouvelles opportunités. Le Brésil a d’autres priorités d’infrastructures : aéroports, réseaux de métro… Il y a de manière général un grand scepticisme sur la réalisation de ce projet bien que le calendrier semble correctement avancer. Beaucoup plaident d’abord pour le rétablissement d’une ligne classique améliorée entre Rio et São Paulo. En effet, une première étape pourrait être simplement la réouverture de l’ancienne ligne de train à 150km/h. Enfin, on remet en cause sa rentabilité. L’appel d’offre prévoit pourtant un remboursement public de l’opérateur en cas de mauvaise fréquentation les dix premières années.

La nouvelle Présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a confirmé sa volonté de poursuivre le projet dans un entretien le mercredi 3 novembre 2010, juste après son élection. Le projet avance donc : la désignation du constructeur opérateur se fera le 16 décembre 2010.

Article paru dans LePetitJournal.com le 18 novembre 2010

One Comment leave one →
  1. Sylvain N permalink
    26 novembre 2010 15:42

    C’est vrai que ce projet est controversé, mais il y a des arguments en sa faveur qui m’ont l’air d’air très peu avancés par le gouvernement ou même la presse (O Globo). D’abord, l’effet d’image. Les investisseurs étrangers savent que les infrastructures de transports brésiliennes sont de mauvaise qualité, et donc faire partie du club restreint des pays qui disposent d’un train à grande vitesse permettrait d’apporter un début de solution à ce problème. Ensuite, avec un tel temps de trajet par train (moins de 2 heures), le pont aérien Rio-SP n’aura plus lieu d’être, au moins en théorie. De très nombreux slots de décollage ou d’aterrissage pourraient donc être réutilisés pour ouvrir ou améliorer de nouvelles lignes domestiques ou internationales, sans avoir à construire de nouvel aéroport. En plus l’interêt de la gare de l’aéroport de Campinas (je n’en vois pas d’autre, du moins majeur) est de le mettre à moins d’une demi-heure de São Paulo, faisant de cet aéroport le 3eme de SP après Guarulhos et Congonhas.
    Mon avis est qu’on sous-estime non seulement le coût, mais aussi les retombées positives de ce TGV pour l’ensemble du pays (on peut ajouter d’autres gains difficilement chiffrables, comme le transfert de technologie). Que l’Etat apporte son concours en cas de déficit paraîtrait donc logique et acceptable.

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